Le Parc des Appalaches de pont en pont

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– Mon aventure débute à Sainte-Lucie-de-Beauregard, devant le bureau d’accueil du Parc régional des Appalaches, avec le commentaire d’un ami : «Regarde sur la rivière en face; c’est rare qu’on voit un pont couvert sur un sentier pédestre». C’est vrai. Ai-je déjà vu un pont couvert servant uniquement pour un sentier pédestre? De mémoire de marcheur, jamais. J’avoue que c’est l’unique pont couvert du parc, mais soyez-en assuré, les autres ponts sont aussi intéressants à découvrir. C’est à se demander si on ne pourrait pas faire un «circuit des ponts». Mais préparez-vous à marcher, car le parc est vaste!

Pour un parc régional, rien n’est laissé au hasard. Les refuges ont une touche scandinave au fini raffiné, les haltes de repos sont toujours couvertes contre les intempéries, et les nombreuses passerelles ont chacune sa personnalité. Il faut dire qu’en ce lieu la nature n’a rien laissé au hasard pour nous charmer et retenir notre attention: tourbières, eskers, marmites de roc, blocs erratiques… J’ai encore frais en mémoire ma première visite au parc il y a 15 ans. Rencontre inattendue, je croise un géologue qui venait tout juste de découvrir des traces impressionnantes de laves à structure coussinée. Ces dernières sont des vestiges d’éruptions de laves volcaniques qui ont eu lieu sous la mer il y a plus de 500 millions d’années, avant même la formation des Appalaches. En se refroidissant au contact de la mer, les laves ont formé des bulles en forme de coussins d’une dureté telle que le passage successif des glaciers n’a pas suffi à les faire disparaître. Sur un territoire où abondent lacs, rivières, méandres et une large diversité de milieux humides. il a bien fallu multiplier les structures d’ingénierie pour édifier des sentiers sur ces vastes espaces sauvages. Les obstacles à surmonter sont devenus autant d’occasions d’innover en installant des ponts. Aujourd’hui, on ne compte plus les nombreuses passerelles, ponceaux, trottoirs de bois et plates-formes pour aider le marcheur à percer ce grand territoire. Au départ du sentier des Orignaux, à l’ extrémité est du parc, sur une courte distance le parcours franchit à maintes reprises, avec ses petits ponts, le ruisseau de la Coulée qui dévale en cascades du plus haut sommet du parc (853 m). Aux chutes du ruisseau des Cèdres, le sentier, aidé par les passerelles, fait moult prouesses pour nous faire découvrir la cascade sous des angles inattendus. On récidive aux chutes Devos, avec un pont arqué qui enjambe en surplomb la chute et le bassin creusé à même le roc. Situé au sud de la MRC de Montmagny. dans la région touristique de Chaudière-Appalaches, ce parc régional regroupe un ensemble de 11 sites naturels couvrant pas moins de huit municipalités que relient en partie plus de 120 km de sen tiers pédestres. Des circuits de un ou plusieurs jours sont possibles grâce au réseau de campings et refuges disposés le long des sentiers. Ce parc recèle de bien beaux sentiers à découvrir et… de nombreux ponts à admirer.

Texte : Claude P. Coté, Rando Québec 27-4

1 877 827-3423 – www.parcappalaches.com